THE JANITORS

Tiré de “Une vie pour rien? » n°6-Avril 2004

Depuis la création du fanzine il y a 7 ans, nous avons interviewé de nombreux groupes et tout en essayant d'être sélectifs, on peut apprécier des groupes pour telle ou telle raison, un peu moins pour d'autres (il arrive même qu'on regrette de les avoir interviewés, avec le recul…). Alors quand on tombe sur un groupe dont on apprécie beaucoup la musique, et que l'on considère comme aussi proche de l'esprit du fanzine que Janitors, ça fait vraiment plaisir. Nous allons même un peu plus loin que les passer dans le fanzine en l'occurrence puisque nous allons sortir leur premier EP avec le label du fanzine  uvpr ? vinyle, nouvellement créé.

Une petite présentation. Comment avez-vous commencé le groupe ?

Tino (Chant): Nous sommes les Janitors de La Rochelle , ça va faire un an qu'on existe. On a commencé suite à un concert des Straight Jacket FC, groupe punk oi ! dans lequel je jouais déjà avec Bart (batterie). A la fin de la soirée, on s'est retrouvé avec Romain (guitare) et Laurent (basse), les deux seuls autres skins musicos de La Rochelle , et la bière aidant on s'est dit que ce serait bien de faire un truc un peu plus rock'n'roll que Straight Jacket FC, gloires locales assez éphémères. On avait les mêmes goûts musicaux, punk 77, oi !, on s'est dit que ça le ferait si on se motivait.

Bart : Le premier morceau qu'on a joué ensemble c'était Bottes et Bretelles. Il faut dire aussi que Straight Jacket, c'était plus punk HC, plus speed. Mais « HLM Sauvage » on la jouait déjà.

A La Rochelle il n'y avait pas de groupe de oi ! avant ?

Tino : Non, ça a toujours beaucoup bougé psycho, garage, mods et rock'n'roll, mais il n'y avait jamais eu de groupes de oi ! à notre connaissance. Il y avait quelques fafs qui traînaient autour à Rochefort, quelques trojan et rudeboys mais pas de oi !.

Bart : On a beaucoup d'amis dans les garageux. A la base on voulait surtout faire un groupe rock'n'roll, après je suis obligé de composer avec des skins donc ça a tourné plus oi ! mais bon c'est quand même rock'n'roll.

Tino : On a tous toujours été branchés psycho, garage aussi.

Bart : Et puis punk 77. Même les groupes de oi ! qu'on écoute, c'est plutôt Menace, Blitz ou Skrew du début, c'était plutôt des groupe punk 77 et rock'n'roll, même si maintenant c'est cultissime sur la scène oi !.

Est-ce qu'il y a un morceaux chacun que vous auriez bien aimé écrire ?

Bart : « Steam Roller » des Adicts.

Romain : « Vanina » de Dave.

Bart : « Banana Split » de Lio bien sûr si on va dans ce style.

Laurent : « Watch your back » de Cock Sparrer.

Tino : « I'm civilized » de Menace et « This is rock'n'roll » de The Kids, cette chanson est un putain d'hymne.

Et au niveau des textes ?

Tino : Menace toujours. Même au niveau des groupes Chaos 80's, il y a des trucs corrects. Les textes de l'Infanterie sont bien branlés, et bien évidemment La Souris , pas uniquement pour le culte, j'ai beaucoup de respect pour Taï Luc, on sent à travers ses paroles que c'est un mec intègre, qui pense par lui-même et qui comprend vraiment le monde dans lequel il évolue. De toutes façons vous pouvez pas comprendre, c'est que l'on appelle la sensibilité et le flegme asiatique…

Bon, pour faire taire toutes les rumeurs, Tino, est-ce que tu as un lien de parenté avec Taï-Luc ?

Tino : On me l'a jamais faite celle-là… Mais non, aucun. Je ne suis qu'une pâle sous-marque, « Made in Taïwan ».

Les autre : C'est son petit frère.

Bart : Et moi mon père c'est Elvis.

Qu'est-ce que vous avez fait avec le groupe depuis un an ?

Tino : Les premières répètes c'était assez laborieux, on finissait raide bourrés. On s'est dit qu'il fallait peut-être bosser un peu, vu qu'on commençait à avoir notre son. Et puis on a fait la démo un peu à l'arrache.

Bart : On voulait prendre le temps, mais Bords de Seine nous ont dit qu'ils sortaient la compile donc on a fait le maximum pour être dans les temps. En fait ça a traîné pour la compile, pour rassembler les enregistrements des autres groupes donc on aurait eu largement le temps de la refaire.

Il n'y a plus beaucoup de groupes qui font des démos dans la scène oi !?

Bart : Ça doit être les mêmes qui disent « Je comprends pas pourquoi on n'arrive pas à jouer ». Pour se faire connaître il n'y a rien de mieux.

Tino : Pour moi c'était la première expérience « studio » donc c'était assez laborieux.

Bart : A la base ça devait être aussi bien fait que le nouvel enregistrement mais l'ordinateur du gars a planté donc on a pris le vieux 6 pistes de Fred Old Cripple Man, on a branché une platine K7 et voilà.

Tino : On voulait vraiment se rendre compte de ce que ça pouvait donner sur un support, moi je suis un peu déçu par la démo, mais là on vient de réenregistrer et c'est bien mieux.

Vous avez déjà joué un peu en concert.

Bart : Oui, un peu moins d'une dizaine. A signaler un concert avec Opération S qui était très très rigolo.

Ça doit changer de jouer avec Opération S puis avec Last Resort ?

Bart : Oui mais c'est marrant aussi de voir que l'album d'Opération S sort chez Les Troubadours du Chaos.

Tino : C'est quand même une scène assez proche.

Bart : Si tu regardes Blitz, sur la fin ils faisaient une musique New Wave, pareil. Et puis c'était cool parce que Cécilia elle est venu chanter « I don't like you » avec nous, on s'est bien marrés.

Et Last Resort ?

Tino : Et bien c'est marrant de voir 4-Skins en concert.

Vous avez été un peu déçus ?

Romain : Ils auraient mérité un meilleur son.

Bart : Et puis déçu par leur image quand même. C'est marrant de chanter « Violence in our minds » avec tes cheveux longs dégueulasses, mais bon musicalement c'était bon.

Romain : C'est vrai que Roi Pearce aurait gardé son mythe s'il avait chanté cagoulé.

Tino : Moi, perso, j'ai bien aimé. Le Roi il assure encore et il a l'air de se faire plaisir sur scène.

C'est la première fois que vous avez fait un concert 100% oi !, ça le fait ?

Bart : Ce qui était bien c'est qu'à la fin une barrière de birds s'est faite entre nous et les rasés, c'est mieux, moi ça m'aide à bien jouer.

Tino : Tant mieux si ça se passe, mais on peut jouer avec des groupes de garage, de psycho, ça ne nous dérange pas du tout.

Romain : On espère toucher un peu tout le monde, pas que les skins.

Le seul morceau que vous ayez sorti c'est "Pointeur" pour l'instant sur la compile Bords de Seine, je trouve qu'il n'est pas très représentatif du groupe.

Bart : A priori ce n'est pas celui qu'on voulait mettre, mais il (ndr : Nico BDS) a choisi celui là. On ne l'aime pas trop, à part Romain.

Tino : C'est un vieux morceau, je l'ai écrit il y a 5 ans quand j'avais 17-18 ans en même temps qu' « HLM Sauvage ». J'étais un peu plus jeune, un peu plus con, j'avais tendance à croire que la violence était la seule solution, l'unique recours ou encore le seul moyen d'expression valable pour se faire comprendre. J'ai revu mes positions par rapport à la loi du talion.

Bart : C'est parce que t'es tombé amoureux, c'est tout.

Au niveau paroles, ça dénote un peu par rapport au reste de vos textes.

Laurent : Oui mais il va bien sur une compile Bords de Seine.

Tino : Oui les textes sur le viol ça a été fait et refait, et celui-ci se rapproche plus de Combat 84 que de « Hélène et le sang »…

Oui car il y a le côté justice répressive, peine de mort.

Tino : Ce n'est pas vraiment au niveau justice institutionnelle, je rejette totalement l'idée de vengeance institutionnelle. Je parle au niveau personnel, que j'aurais du mal à accepter un jugement qui ne serait pas à la mesure de la faute commise.

Et le rapport à la religion (« Si ton sale dieu a consacré cette injuste impunité »)?

Tino : Oui, il faut remettre dans le contexte, c'était l'époque où des hommes d'églises ayant eu des affaires de pédophilie ont été acquittés sans que ça se sache.

Romain : Et puis à l'époque Michel Sardou chantait « Ne m'appellez plus jamais France », donc forcément…

Tino : Donc ça parlait plutôt de vengeance personnelle, ce n'est pas du tout sur la peine de mort institutionnelle.

Romain : Nous il nous avait menti, il nous avait dit que c'était sur les carambars et les sucettes pour les enfants à la sortie des écoles, donc forcément on était d'accord.

Tino : Donc voilà j'ai reconsidéré mon point de vue, je continue à le faire même s'il me saoule un peu.

Romain : Maintenant il s'appelle « Coiffeur ». « Toi Coiffeur ! Tu vas payer ! Ma coupe de cheveux tu l'as loupée… » . 

Le premier morceau que vous avez fait c'est " Bottes et Bretelles ", vous avez un son qui peut rappeler Skrew des débuts, vous avez fait la chanson " Durango 88 " pour clarifier ça ?

Tino : Non, je ne pense pas que ce soit pour se justifier. J'ai toujours rejeté les idées d'extrême droite. C'est clairement une chanson anti-fasciste, mais qui critique aussi un autre bord extrême.

Bart : Bon là c'est moi qui ai écrit les paroles. C'était juste après avoir vu Orange Mécanique, c'est sur leur voiture Durango 95, et ça me plaisait l'idée d'une bagnole où tu aurais les gars comme ça, 88 qui débarquent, et puis nous on dit, c'est pas bien. (rire général)

Tino : Ouais mais les paroles, c'est moi qui les ai changées, donc c'est aussi une critique des mecs qui peuvent avoir un discours antifasciste contradictoire. Je ne suis pas convaincu que péter la gueule à un nazi le fasse changer radicalement, sinon le conforter dans sa connerie. C'est facile d'avoir un discours antifasciste mais c'est par rapport à l'adversité qu'il faut réagir.

Romain : Et je pense que le monde irait bien mieux si tous les gens au lieu de se battre, faisaient des concours d'échec.

Tino : Et pourquoi tu prends toujours les blancs alors ? (rire général)

La chanson est assez radicale, tu dis dans la chanson que des babos t'appelleraient fascistes s'ils lisaient tes paroles.

Tino : Ça c'est plus une critique par rapport aux gens qui vont parler d'antifascisme et appliquer le même genre de méthodes, ça me paraît un non-sens. Je ne tolère pas les idées d'extrême droite et face à l'adversité, il n'y a pas de problème, je réagirai mais je n'ai pas à préjuger de ce qu'un gars pense même si je trouve que son point de vue est le plus con et le plus stéréotypé au monde, il y a toujours un espoir qu'il se rende compte par lui- même. Il y a trop de gens qui confondent intégrité et intégrisme, c'est dommage…

On a dit que certaines chansons de la démo ressemblaient à d'autres chansons connues, ça vous a gêné ?

Romain : Ce n'est vraiment pas volontaire, on s'en est rendu compte après mais ça ne nous a pas gênés plus que ça.

Bart : Quand tu fais du rock'n'roll aujourd'hui il y a tellement eu de groupes qu'il est dur de faire des trucs vraiment originaux, tu vas toujours ressembler à tel ou tel groupe. Une fois, je suis arrivé en répète avec un morceau, il s'appelait « Violence in our minds », je l'ai montré, ils m'ont dit ben non, ça a déjà été fait. Tu fais 3 accords dans un ordre différent, c'est sûr qu'un jour ou l'autre tu vas les retrouver chez un autre.

« HLM Sauvage », c'est un morceau qui a l'air de vous tenir à cœur. Tino est-ce que tu peux en parler ?

Tino : C'était à l'époque où j'étais en HLM, mon père est artisan-ouvrier et assez aigri. Moi je suivais la même route, c'est un morceau qui parle de l'émancipation de la classe ouvrière. C'est une classe qui est assez encline à la sinistrose, qui n'a pas vraiment d'échappatoire, je voulais dire qu'il est possible de s'en sortir.

Romain : Ça aurait du s'appeler « Pavillon de campagne » au départ, mais « HLM Sauvage » ça sonnait mieux.

Les paroles sont plutôt noires « Fils de rien fils d'ouvrier, ta morne vie déjà est toute tracée ».

Tino : Oui c'est pessimiste, mais pas fataliste, c'est la vision du personnage de la chanson.

Et ça vient d'où cet adage, tu dis « Souviens toi de ce putain d'adage » ?

Tino : « Le travail c'est l'esclavage », ça vient de 1984 le bouquin d'Orwell.

Après ces paroles plutôt pessimistes, tu as des paroles beaucoup plus positives, comme dans « Workers Right », hymne à la défense des droits des travailleurs.

Tino : Oui les paroles de « HLM Sauvage », c'est la vision d'un personnage, en l'occurrence moi à une certaine époque, je ne voyais aucun échappatoire, je n'avais pas d'autre vision de la vie ou autre perspective d'avenir que de bosser 7 heures par jour dans un travail aliénant.

Bart : De toutes façons, on n'a toujours aucune autre vision. D'accord on aimerait bien devenir des rock stars mais tout le monde nous rit au nez.

Tino : A propos de « Workers Right », j'ai toujours eu du mal à considérer qu'un mec qui bosse avec ses mains soit forcément moins considéré qu'un gars derrière un bureau et donc je pense qu'il est légitime de se battre pour sa condition, et pour l'améliorer ou du moins obtenir une certaine reconnaissance de la part de ceux pour qui tu bosses.

Et comment se fait le passage de cette vision relativement fataliste (« T'assimiles la destruction à une saine distraction », « Vivre en cage, voilà ta liberté (…) Stakhanov t'a bien baisé, mais tu t'en fous un jour ils vont payer ») à la vision plus positive et constructive ? Est-ce que c'est deux faces du même constat ?

Bart : La vision fataliste c'est le lundi matin et positive c'est le vendredi soir.

Tino : Non c'est une espèce d'ambivalence, tu peux te sentir mal parce que tu t'aliènes au boulot mais ce n'est pas fataliste car tu peux toujours améliorer ta condition, la longue complainte pessimiste prolétaire c'est pas une finalité en soi. Je pense pas que le vieux prolo a pour volonté de se faire entuber toute sa vie. Certains diront qu'il n'a pas le choix, je répondrais que c'est de la connerie, il suffit de le vouloir. Puis dire que la classe ouvrière est apathique c'est un point de vue de petit bourge snob. Dans le passé des hommes se sont battus pour la reconnaissance de leur droit au travail et actuellement une autre génération se bat pour les conserver. Alors ouais, « Workers' rights » c'est clairement une chanson qui porte sur la lutte des classes mais on se raccroche pas pour autant à des discours opportunistes de syndicalisme, bolcheviques ou populistes. On parle plus d'un élan populaire général.

Dans "Cattle driver", on retrouve le même genre de choses, avec une phrase comme « Cause human kind is a dirty disease », et juste avant « Then are you ready for a worldwide's strike ».

Tino : Je pense que le genre humain dans la tendance générale fait assez peur, l'humanité se bouffe. Mais c'est à la jeunesse de tout changer. On n'est pas près pour mourir maintenant.

Et « Bloody Boredom », ça parle de quoi ?

Bart : Alors là c'est moi qui l'ai écrit. C'est vraiment parce que je m'ennuie, quand je fais pas de groupe ou autre, je m'emmerde.

Tino : Et c'est encore moi qui ai changé les paroles derrière… (rires) Tu as été moyennement prévenu comme d'hab… (re-rires). C'est par rapport à tous les discours stéréotypés, pas du tout progressistes.

Genre « Pointeur »… (rire général)

Tino : Oui, je suis tout à fait prêt à accepter la critique, c'est bien de changer son point de vue, je me méfie des vérités absolues. Mais donc « Bloody Boredom », c'est sur l'ennui en général, et celui que nous procure ce genre de discours, lorsque des gens prennent des vérités absolues pour argent comptant, et qu'ils n'ont pas d'autre perspective dans la vie que de suivre tel ou tel dogme, qu'il soit politique, religieux ou philosophique.

Bart : Et puis c'est un peu pourquoi se battre pour tel ou tel drapeau, on s'emmerde tous, pourquoi ne pas s'amuser tous ensemble, il y a quand même certaines idées qu'on accepte pas mais bon c'est con de se mettre soi- même dans des carcans.

Romain : Hier j'ai mangé avec un mec de l'UDF, il était très sympa. (rire général).

Justement j'allais parler de la chanson « Bourgeois de gauche », ce n'est pas vraiment cette idée. Tu dis « Notre classe est en guerre, ses enfants des soldats ».

Romain : "Bourgeois de gauche" ça nous tient à cœur parce que La Rochelle est une ville qui devient de plus en plus bourgeoise et il y a de plus en plus de petits jeunes qui deviennent engagés à l'extrême gauche pour faire genre, parce que c'est cool, pour se racheter une conscience. Ils font ça par mode et ils sont révoltés un quart d'heure.

Bart : Pour revenir sur le sujet d'avant, on ne veut pas une uniformisation, tout le monde a ses idées mais il y a des moments où on peut se retrouver ensemble et partager des bons moments. Regarde, Romain, il reçoit des tracts de trucs de gauchos j'crois bien. Moi j'en ai rien à foutre mais je vais pas me mettre sur la gueule avec lui, parce que je m'amuse bien avec lui…

Laurent : Parce que tu te prendrais une branlée surtout ! (rire général)

Bart : Pas faux.

Tino : Pour en revenir aux bobos, ils appartiennent à une certaine classe, ok on ne choisit pas où on est né, la bourgeoisie ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est aussi une question de mentalité. Mais cette jeunesse là crache sur une classe moins privilégiée par rapport à leur mode de vie. Ils sont totalement contradictoires et leur révolte est complètement aseptisée. Ils ont l'impression d'être libres mais ils sont formatés (« La liberté à un prix et toi tu l'as achetée »).

Romain : « Je suis un rebelle mais ça ne me dérange pas de que papa m'amène dans mon 4*4 à l'école ».

Et à propos du texte sur les hippies « Hippie ka yeah ! », est-ce que c'est juste pour faire skin parce que c'est les hippies ou est-ce que ça va un peu plus loin ?

Tino : C'est par rapport à une histoire à la sortie d'un concert de Laurel Aitken à St Nazaire avec les Nantais. Des gars sont venus nous voir « Vous êtes nazis », et au fil de l'histoire, ils nous ont jeté des pierre et ça s'est fini en bordel. Ils sont passés pour les victimes, alors que merde ! Il y avait circonstances atténuantes ! On est pas chrétiens non plus, tu me fous une baffe, t'inquiètes que je vais pas tendre l'autre joue.

Bart + Romain : Et puis on en profite pour en remettre une couche sur l'éternel conflit hippies, skins et punks. Mais c'est vrai que c'est vraiment une culture qu'on rejette, la culture : faible, qui se laisse faire, et puis qui se mord la queue surtout. On trouve ça dommage que ça commence à s'incruster dans le mouvement punk alors que ça n'a rien à voir.

Tino : Enfin ceci dit moi ça ne m'empêche pas d'exister.

Romain : Enfin je ne veux pas dire que parce que tu te revendiques punk, que tu es crade et que tu as des locks que tu es forcément un hippie. Mais le gars au concert à la Ferrière la semaine dernière qui se disait punk et qui était fier que son père l'ait élevé dans une communauté hippie, c'était ridicule. Et c'est lui qui est venu nous traiter de nazis après.

Tino : Il nous disait « Moi je suis libre, je fais la manche, alors que vous vous n'êtes que des moutons si vous allez travailler » sa seule perspective d'avenir c'était de toucher le RMI pour aller planter ses légumes. Ce n'est même pas la peine de discuter avec une tache pareille, je ne vais pas changer son point de vue, mais pour moi il n'a rien compris, il se contente d'exister.

Et la chanson « Don't wanna see yer face », c'était sur quoi ?

Romain : Sur Roi Pearce. (rire général).

Bart : C'était moi, c'était un morceau de base quand tu as des gens qui font chier et que tu veux pas voir leur gueule.

Bon, et Tino maintenant après que tu aies changé les paroles ? (rires)

Tino : Ben pour une fois je suis assez d'accord avec Bart. Puis on en rajoute une énième couche sur cette nouvelle jeunesse technoïde de merde qui véhicule une fausse sous-culture à la con, le tout étant largement relayé par les médias.

Bart : On est un groupe de rock'n'roll alors c'est instinctif, il faut pas trop chercher. Dans tous les autres groupes où je joue on ne publie jamais les paroles.

C'est peut-être pour ça que c'est pas intéressant les autres interviews que tu fais… (rires) Bon, est-ce qu'il y a des groupes dont vous vous sentez proches dans la scène actuelle, vu que vous dénotez un peu quand même dans la scène oi ! ?

Bart : Les Teckels c'est excellent, tu vois Born Bad tu as tous les styles de rock'n'roll, du rock'n'roll 50's au Hardcore 80, en passant par la surf music, le Garage, la oi !, le psychobilly, dans tous ses bacs il connaît pratiquement tout ce qu'il a. Mais bon il y a des gens cool partout et des gens cons partout.

Je crois qu'on va faire un recueil de citations de Bart…

Tino : Moi j'appréciais beaucoup les No Talents même si c'était plus punk, les Teckels, Toltshock, Les Poches qui font de la très bonne rock'n'oi ! et musicalement Vero's vu que je ne les connais pas perso.

Pour finir, qu'est-ce que vous aimeriez faire avec le groupe?

Bart : Des concerts de 300 personnes avec que des birds.

Romain : Un album tribute au groupe Scorpions.

Tino : On a commencé à la rigolade donc on n'a pas de plan de carrière… On prend les plans concerts qu'on nous propose s'il y a de la viande et de la bière. On ne veut pas forcément changer la vie des gens. Ce qu'on raconte c'est assez personnel, il ne faut pas le prendre comme un discours d'illuminé qui prétend détenir la vérité, on cherche à convaincre personne sinon nous-mêmes.

Romain : « Ne m'appelez plus jamais France »

Tino : Pour finir merci à toi, longue vie à UVPR ?, merci à ceux qui nous soutiennent et qui font des kilomètres pour venir nous voir faire des pains en concert et par pitié achetez le 45 tours qu'on va bientôt sortir pour qu'on puisse enfin acheter des Docs à Bart, histoire qu'il ressemble enfin à quelque chose.