KTS

Tiré de « Une vie pour rien ? » l'additif 5.1 -Avril 2003

KTS viennent de Rambouillet en banlieue parisienne, et ils jouent un punk-oi! bien efficace, assez bourrin pour les titres punk, et sacrément efficace pour leurs excellent titres oi!. Ils ont sorti un mini-CD et ont joué l'année dernière en première partie de groupes comme Warrior Kids, Oxymoron, Oberkampf.

Une petite présentation

On a commencé avec des copains de Lycée sur Rambouillet, un truc à la con, à la Sex Pistols , keupon à fond, et puis après on s'est dits pourquoi ne pas le faire un peu plus sérieusement. Loran (chant) est arrivé un peu après en 98, et puis on a commencé les concerts sur les Yvelines, on a fait une démo en 2000 ce qui nous a permis de démarcher les salles, dans le 78 surtout, et puis on a sorti le CD. La formation est maintenant : François à la batterie, Bertrand à la basse, Vince et Teddy aux guitares, et Loran au chant.

Vous avez autoproduit ce CD, c'était un choix?

On n'avait pas de label, on ne connaissait personne, mais c'était également un choix. On voulait contrôler ce disque du début à la fin, n'avoir aucune contrainte, que ce soit pour le style, le son.

Vous faites également une association à côté du groupe, let's go.

Oui, c'était pour structurer le groupe au niveau financier, et puis on organise des concerts sur la région, on a également un projet de fanzine. On aimerait s'associer avec un ou deux groupes, ça boosterait l'idée.

Vous êtes venus assez tard jouer sur Paris?

Et ouais on a mis du temps pour monter à la capitale !! (rires). C'est vrai que vu que sur Rambouillet, il y a un public métal, tu ne peux pas évaluer ce que pense le public par rapport à ta musique punk ou oi!. C'est le jour où tu commences à jouer sur Paris, tu as un retour positif, tu gagne confiance et tu te motives vraiment pour démarcher pour les concerts ou même pour sortir un disque.

Vous avez joué pas mal dans les squats sur Paris . Qu'est-ce que vous en pensez ?

Malheureusement on n'a pas fait rue de Malte, mais on a fait le 13 et Montrouge. On a chacun notre avis sur les squats, moi (Loran) je pense que c'est un bon principe, après il ne fait pas que ça parte en vrille. Quand on voit rue de Malte, c'était carré, il y avait une motivation, une démarche derrière. Il y avait des concerts organisés, et au delà, des ateliers qui participaient à la vie du quartier. Malheureusement tous les squats n'ont pas cette démarche actuellement. C'est dans les squats que je me sens le plus à l'aise, donc je suis pour ça, le problème c'est que souvent il y a un décalage entre l'objectif et la pratique. C'est dommage de se dire on va faire plein de trucs, et puis ça part en vrille à cause de la défonce, le manque de motivation, de convictions. Le but n'est pas de se renfermer sur un public, un mode de vie, ou un mode de défonce.

Vous êtes un des seuls groupes influencés oi! qui joue dans les squats.

On en très est contents, on ne veut pas être catalogués soit punk, soit oi!. Ca me fout les boules dans la scène parisienne quand les punk crachent sur les skins et inversement, nous on traîne autant avec les deux, on traîne avec des gens, pas avec des styles vestimentaires. On a nos idées, mais on n'est pas là pour se cataloguer comme fer de lance d'une idéologie ou d'un style vestimentaire.

De quoi parle le titre " Nouvelle Génération " ?

C'est un peu sur toute la scène alternative, par le biais du néo-metal ou d'autre styles plus ou moins énervés, qui ouvrent leur gueule, mais je n'ai pas l'impression que cela corresponde à une réalité. On essaie de parler de choses qu'on voit, qu'on a effectivement constatées. C'était aussi par rapport à la vague hip-hop, qui se dit contestataire, et qui ensuite parleront de BM, de meufs avec 2500 balles de fringues sur le dos. De même pour la vague punk-rock US/ surfer, nous aussi on aime faire la fête mais bon pour nous au quotidien ce n'est pas la fête tous les jours non plus. Ce qui me fait chier c'est de faire une musique de suiveur et non une musique qui t'est propre.

On peut peut-être faire le même reproche à pas mal de groupes punk et oi !, non ?

Oui, mais ça n'attachera qu'une petite partie d'un public. Alors que des groupes keupon ou oi ! qui pourraient être un plus commercial en faisant des trucs un peu plus de néo-metal à la Korn ou hardcore ou même ska ne le font pas .

Il y a d'autres textes qui vous tiennent à cur particulièrement ?

"Illusoire réinsertion", c'est un hommage à un pote à nous, qui squattait un peu partout sur Rambouillet, il est mort il y a deux ans, ce n'était pas d'overdose, mais on peut dire que c'était la conséquence de la vie qu'il avait eue.

Une chanson que j'aime particulièrement c'est " Berlin est ". D'où est venue l'idée ?

François : Il y a 2-3 ans je suis allé travailler un mois à Stuttgart, et un dimanche après midi je me faisais vraiment chier, je me suis dit « Stuttgart c'est vraiment de la merde, je suis en Allemagne, qu'est-ce que je pourrais foutre ? » Et je me suis dis, « Aller à Berlin, ça j'aimerais, et puis après j'ai tapé dans tous les clichés de l'Allemagne ». Mais je n'ai jamais été à Berlin et c'est vraiment un rêve pour moi.