OXBLOOD

Tiré de “Une vie pour rien?” n° 1-Septembre 1996 actualisée avril 1997

Oxblood s'est formé en 1992 autour de Paul (basse) et Dieter (guitare puis chant) qui sont les seuls membres présents dans tous les line-ups. Leur 45T « Under the boots » est sorti en 1993 et depuis on attend l'album qui a été retardé par de nombreuses galères. Dieter répond à nos questions.

Comment s'est passé le début 97 pour Oxblood ?

On a déjà joué 3 concerts en 97. Le premier le 26 janvier dernier a failli être annulé à cause d'un connard qui a essayé de nous saboter en imprimant de faux posters. Le propriétaire de la salle nous a avertis seulement 4 jours avant le concert que nous avons dû annuler ; mais la veille du concert, nous avons trouvé une autre salle (un grand studio en fait) où nous avons pu faire jouer tout le monde et rentrer dans nos frais (mais il n'y a pas eu d'argent pour les groupes). On a aussi joué le 16 mars, mais ça s'est finit en baston avec les videurs, et le 5 avril, à Brooklyn devant peu de monde. On a également joué le concert du 26 janvier sous un autre nom « Bird of prey ».

Vous avez un nouveau batteur. Convient-il bien au groupe ?

Ouais, notre nouveau batteur, Kevin, se débrouille bien et il nous convient. Il rajeunit aussi le groupe car il n'a que 17 ans. Mais maintenant, il s'est mis à la guitare, car il touche vraiment bien, et on a redemandé à Phil des Templars de jouer pour nous. Maintenant nous sommes 4 et je peux me consacrer entièrement au chant. Mais nous cherchons un autre guitariste pour que Kevin puisse retourner à la batterie.

A combien de concerts en est Oxblood ? Combien de répètes ? Pourquoi si peu ?

On a fait 40 concerts depuis 92 (notre premier concert date du 28 mai). On ne répète pas beaucoup, juste avant les concerts, c'est tout.

Les Oxblood pourraient-ils exister en France ?

Non, je ne pense pas. On est un groupe new-yorkais. Par contre, on aimerait bien jouer en France.

En mai, au concert avec les Anti-Heroes au CBGB, il y a eu une bagarre pendant votre set. Pourquoi les organisateurs ont-ils refusé de vous faire jouer suite à ça ?

Parce que ce sont des cons. Que ce soit nous qui jouions ou un autre groupe, si des gars décident de se bastonner, ils se bastonneront, on peut rien y faire. D'ailleurs, 2 mois plus tard, au concert du 4 juillet, moi et d'autres gars, on a foutu notre merde. Au moins là, ils ont vu que quand on joue, on essaye toujours de contrôler la violence au lieu de la provoquer quand on nous prend la tête

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La violence revient souvent dans vos chansons. Oxblood est-il un groupe violent ?

On est pas un groupe violent, David, la vie d'ma mère, qu'est-ce que tu me chantes ?! D'ailleurs, moi ça fait un bout de temps que je me suis calmé. Et la plupart de nos nouveaux textes ne parlent pas de ça.

Votre album devait sortir sur un label portugais. Que s'est-il passé ?

Il devait sortir sur le label Street sound, mais le mec qui s'en est occupé est un pauvre blaireau qui nous a fait tourner en rond avec des promesses qu'il n'a pas tenues. Je conseille à tout le monde d'éviter ce type, car tout ce qu'il raconte est du pipeau (il a fait le même coup à Stormwatch) Notre album 8 titres live sur vinyle seulement sortira sur le label Punkcore à la fin de l'été. Tous les morceaux ont déjà été enregistrés. Ce n'est donc qu'une question de temps maintenant. Cet album s'intitulera « Crime stories ».

L'esprit d'Oxblood a-t-il changé depuis sa formation en 1992 ?

Non, l'esprit est toujours le même et la musique aussi. Seuls les membres du groupe ont changé.

Pourquoi Franck a-t-il quitté le groupe ?

Franck s'est cassé parce qu'il avait un autre projet (du psychobilly) que nous trouvions incompatible avec Oxblood. On lui dit de choisir entre Oxblood et son groupe psycho et il a préféré quitter le groupe, c'est tout. Mais on s'entend toujours bien avec lui.C'était une séparation à l'amiable.

Georges Marshall dans son bouquin a fait un parallèle entre les groupes de N.Y. (Oxblood, Templars) et la scène londonienne début 80's. C'est flatteur !

Ouais, je ne pense pas que ce soit comparable. Les groupes de cette période sont presque devenus légendaires (bien que certains se soient reformés pour faire n'importe quoi genre les The Last Resort). Mais nous, on fait notre truc sans s'inquiéter de ce que nos prédécesseurs ont fait de leur côté, car c'est pratiquement impossible de le refaire.

Vous faites des reprises de l'Infanterie sauvage, Tolbiac. A quand des morceaux d'Oxblood en français ?

Des morceaux en français ? Peut-être, mais ce n'est pas pour maintenant. On a les mains bien remplies avec les reprises qu'on fait en français, espèce d'ingrat ! Ça te suffit pas les reprises en français, tu veux en plus des nouveaux morceaux dans ta langue maternelle ? ! ! Je ne sais pas ce qui me retient de prendre l'avion pour Paris et de te faire payer ton ingratitude. Attention !

Tu as passé 3-4 mois en France, ça n'a pas été trop pénible ?

C'est bon, j'me suis calmé. Mais non, mes 3 mois en France l'été 95 n'ont pas été pénibles. J'ai rencontré pas mal de mecs sympas, dont toi, bien sûr (merci pour toutes les bières !), Charly et tous ceux qui bossent aux PTT, Béatrice (que devient-elle ?). J'ai aussi aimé Beauvais et les gens de cette ville (Les Wagner, les Schtonk et tous ceux que j'ai rencontrés là-bas).

Quand tu as vu ce que sont devenus tes anciens potes de ta cité en banlieue parisienne, penses-tu avoir eu de la chance d'être parti à N.Y ?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. J'ai des potes qui ont bien tourné et d'autres qui ont mal tourné et d'autres qui n'ont pas tourné du tout ! Je pense quand même que j'aurais mieux tourné si j'étais resté en France car mes frères aînés ne m'auraient pas permis de délirer à Paris comme j'ai déliré à N.Y. J'aurais pris des coups tous les jours !

Tu as eu des problèmes avec la justice suite à des bagarres. Les titres « Wanted man » et « Law-man » sont-ils tirés de cette expérience ?

« Wanted man » est tiré de cette expérience, en juillet et août 95. J'avais ma photo postée sur les murs du « east village » à Manhattan et aussi sur les murs du commissariat de ce quartier (c'est d'ailleurs pour ça que j'ai dû prendre la fuite à Paris). «Law-man », c'est à propos du maire de N.Y.C. et de son chef de la police qui ont promis de mener la vie dure aux criminels, aux voyous, et aussi aux gens qui boivent une simple bière tranquillement dans la rue (c'est interdit à N.Y.C. et tu peux te faire arrêter si tu tombes sur un flic qui aime et fait trop bien son métier).

Quelque chose à ajouter ?

Merci pour l'interview. Désolé pour le retard.