THE TRUENTS

Tiré de « Une vie pour rien ? » n°4-Mars 1999

Originaires de New York, les Truents sont une valeur sûre de la scène punk rock US, et TKO ne s'y est pas trompé, en sortant leur album ainsi que leur dernier EP, « Manhattan express ». Voici donc l'interview avec Shaun, le chanteur, qui vit à New York depuis quelques années, mais qui est anglais.

Depuis quand existez-vous et combien de chansons avez-vous?

The Truents existent depuis 1996. Moi et le guitariste Melvin sommes les survivants d'un groupe qui s'appelait The Furys', nous faisions déjà alors du street punk et nous ne voulions pas nous arrêter là. Nous avons environ 25 chansons et quelques reprises. 8 de ces titres datent de l'époque des Furys. 2 chansons, « These songs stationary » et « don't look back », même si elles sonnent différemment aujourd'hui, ont été écrites à la fin des années 80/ début 90, par Al (alias Al-coolique) de X-Furys and Deviaters.

Dans vos dernières prods, votre son a pris des teintes Hard-core par rapport à vos deux premiers EP, est-ce que vous pensez continuer dans cette direction?

Oui, notre son a beaucoup évolué depuis notre premier EP jusqu'à notre album et notre single sorti sur TKO. A l'origine, Phil (des Templars, oi! Phil) était notre batteur. Pendant un an, nous avons alors enregistré de nombreuses chansons qui n'ont pas toutes été pressées. Phil avait un super son oi!, street punk, ou rock fin 60's, ce que j'aime beaucoup puisque c'est la musique que j'ai écoutée tout au long de ma vie. Pete notre nouveau batteur est lui fan de metal. Nous l'avons freiné un peu mais ce ne sera jamais la même façon de taper. Ce sont cependant tout les deux d'excellents musiciens. Notre son a évolué en raison des trois ans passées ensemble à travailler. Nous avons peut-être un son plus Hardcore parce que nous devenons plus technique. Mais je n'ai jamais voulu faire du métal, par exemple Je trouve que les deux derniers albums des Cockney Rejects sont de la merde. Je suis également peut-être plus énervé aujourd'hui. La dernière chanson, « Red Pye #5 », chantée par Melvin, est un titre de son ancien groupe, les Terminal Buzz, du Bronx. Melvin la chante comme il l'a toujours fait et T.B. était un groupe chaos punk formé en grande partie de Portoricains.

Etes-vous content de votre label TKO, comment vous ont-ils contactés?

T.K.O est un bon label. Ils nous traitent bien. Mark Rainey, le manager, a fondé ce label il y a 3 ans environ. Pendant 1 an et demi environ, il voulait que nous fassions un album sous son label, alors qu'il était le seul à le gérer. Pendant longtemps, nous avons fait pas mal de labels. Beaucoup d'entre eux n'avaient pas l'esprit oi ! ou street punk et ça te fait chier quand tu vois que tu te fais avoir. A l'origine, on était sur le point de faire un album sur GMM. Mais T.K.O. était honnête et GMM ne nous voyait pas de la même manière. Dave de T.K.O a racheté le dernier « Peter and the test tube B's ». Ces derniers ont fait quelques concerts pour AKA FRANKIE FLAME. Ils connaissent la musique, eux.

Qui est « Manuelle from France » à qui vous avez dédié votre dernier EP?

J'ai connu Manuelle quand j'étais adolescent en Angleterre, elle était jeune fille au pair. Nous avons vécu de très bons moments ensemble et n'avions jamais vraiment perdu contact. Elle aimait beaucoup le punk-rock/ garage. Elle est morte début février 1998 dans un accident de voiture en rentrant à Valence. Elle a vécu sa vie comme elle le voulait, une fille qui manquera à tous ceux qui l'ont connue.

Shawn, tu es Anglais, est-ce que tu penses qu'aujourd'hui il est plus facile de faire un groupe punk à New York qu'à Londres?

Oui, je suis Anglais, je suis un « Limey » (Anglais expatrié). Et je pense que c'était plus facile pour moi de former un groupe de punk ici à New York.. La scène y est plus petite mais elle est super active. Je ne suis pas allé à Londres depuis des années. Depuis 1987 pour être exact. Le fait d'être un « Limey » et d'être impliqué dans la scène pendant toutes ces années te fait oublier le temps. Je n'étais pas musicien en Angleterre. J'ai toujours aimé chanter. Je pense que le fait de chanter pendant les matches de foot en Europe m'a aidé avant de venir à New York.

Vous avez enregistré un EP avec The Krays, et vous jouez régulièrement avec eux, est-ce qu'ils sont vraiment si bons que ça? (personnellement je n'aime que leur démo de 1994)

Nous avons sorti le double EP « Oi! what happened to punk » avec eux, qui était un tirage limité. Il a était très rapidement épuisé, c'était un bon disque avec des très bons amis à nous. Même s'ils ont changé pas mal de fois de line-up, ils jouent toujours et leur deuxième album doit être sorti maintenant. C'est un excellent groupe, grâce principalement à John le chanteur/ guitariste/ batteur/ bassiste... c'est un « one man band » ah ah ah!

Peux-tu nous parler un peu de la chanson «No control»?

No control. Politics, Politics. Je l'ai écrit il y a quelques temps au début de la guerre en Yougoslavie. L'empire soviétique avait chuté quelques années auparavant, et moi j'étais ici, aux Etats-Unis, à essayer d'avoir des papiers pour être en règle quand j'ai découvert que ce n'était plus possible. J'ai écrit la chanson contre le fait que parce que je suis anglais je ne peux pas avoir de papiers alors que tu peux les avoir en quelques mois si tu viens du bon pays. Ça fait maintenant dix ans que je fais des allers-retours et que je dépense des milliers de dollars pour avoir ce que je veux. De toute façon, je finis la chanson en disant de ne pas arrêter de se battre pour sa cause. Je ne veux pas vivre en Angleterre, même si toute ma famille y vit. C'est un endroit étranger pour moi. Je dis également que nous devons rester libre. Les ouvernements adorent créer des frontières et des murs... Que devons-nous faire? Devenir red? Pas pour moi !

Est-ce que vous faites des reprises en concert? Lesquelles?

Nous avons fait des reprises de the Stranglers, Rezillos, Buzzcocks, Partisans, Chron Gen, Sham 69. En ce moment j'aime bien reprendre des groupes moins connus comme The Utamed, Expelled, Les Garçons Bouchers! ah ah...

Est-ce que vous avez déjà joué en dehors de New York?

Nous avons joué de nombreuses fois en dehors de New-york city. Nous avons joué de nombreux petits concerts ça et là sur la côte Nord-Est et nous avons été jusqu'à Détroit où nous avons joué avec Rancid devant 2000 personnes, c'était très impressionnant. Ma mère est venue d'Angleterre et a fini comme roadie et chauffeur du groupe. Nous avons joué également avec des gros groupes, à NYC, comme Peter TTB, Toy Dolls, Warzone, Business, The Blood, One Way System. Nous avons fait plusieurs concerts avec The Dropkick Murphy's. Le meilleur concert était dans leur ville, Boston. Mike était encore chanteur et c'était la fête pour la sortie de l'album. La salle, le Middle East, était pleine à craquer. Mais nous pouvons jouer également devant 20 personnes seulement. Pour moi, jouer dans un squat aussi bien que dans une grosse salle, ce n'est pas un problème.

Est-ce que vous avez des projets de disques?

Nous allons sortir un split EP sur Guillotine rec. avec un groupe punk qui s'appelle Suburban Crisis. Nos chansons seront « For the glory » et « Lord Byron ». Après nous devrions faire un mini-album sur Eyeball rec., c'est prévu pour octobre 99. 6 titres studio et 6 lives. Peut-être un autre split EP un peu plus tard...

The Truents et le foot?

Je supporte Notts Country FC, un petit club de Nottingham en Angleterre. Nottingham forest est le gros club de la ville et je les supportais quand j'avais entre 8 et 11 ans. Mais quand je les ai vus soulever la coupe d'Europe en 79 j'ai changé. J'allais à contre courant car je savais que tous mes potes me répéteraient toujours que j'étais un looser de supporter une équipe qui n'avait que 6000 fans. Enfin, aucune idée pourquoi j'aime cette équipe mais après quelques cicatrices, bastons et nuits alcoolisées pour ce club, c'est dur de s'en détacher, non? Et toi, David, tu supportes le Paris St Germain?

Ça fait 3 ans maintenant que « The Truents » existent. Je m'implique à fond dans ce groupe. Je pensais tout d'abord faire des tournées mais finalement, je préfère rester à New York pour jouer avec des gens qui aiment la musique et qui font ça pour le fun. Cependant, le reste du groupe voudrait devenir plus gros. Ils savent que je ne suis pas trop chaud pour ça. Mais le groupe continuera avec Melvin qui, j'espère, emmènera le groupe n'importe où. Nous recherchons actuellement un nouveau chanteur. Le groupe a un agent qui se charge d'organiser les concerts. C'est important d'avoir quelqu'un qui s'engage à fond. Moi, de toutes façons, je serai toujours présent car la musique reste mon objectif prioritaire…